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Le potentiel de la télémédecine dans le secteur de l’assurance inclusive

Emerging Insight n°:

  175
 

Date de parution:

  5 novembre 2020
 

Sous-thèmes:

  Santé
 
 

Le Microinsurance Network a récemment organisé un webinaire régional sur le potentiel de la télémédecine, intitulé « Télémédecine -> Résilience ». L’événement réunissait Salvador da Cunha, PDG d'Affinity, Xavier Ruiz, directeur du marketing et de la communication d'Inmedical, et Laura Rosado, responsable Stratégie et Finance pour le segment des clients émergents chez AXA. Cette note restitue quelques-uns des points clés du webinaire.

La télémédecine n’a rien de nouveau ni d’inconnu pour le secteur de l’assurance, mais c’est une question que la pandémie actuelle a fortement mise en avant. La limitation des déplacements imposée à la population, la crainte de la contagion et la nécessité d’accroître la capacité de réaction des services de santé ont montré toute l’importance des solutions digitales dans l’offre de services médicaux.

Ces solutions sont particulièrement pertinentes pour les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, une région dans laquelle la pénétration de ces services est encore faible. Ce sont également des pays dans lesquels l’infrastructure du système de santé ne permet pas de fournir des services de qualité aux segments les plus vulnérables. Ce contexte offre donc au secteur de l’assurance une occasion parfaite pour promouvoir les services de télémédecine, et ainsi compléter leurs produits d’assurance et améliorer la valeur de leur offre.

La télémédecine offre de nombreux avantages à la population, en particulier aux segments les plus vulnérables. L’utilisation de la technologie permet d’offrir des services de santé plus abordables, d’accroître la disponibilité des médecins spécialistes, d’éliminer les obstacles à l’accès aux soins liés aux contraintes de temps et de distance, et d’augmenter la capacité de réaction du secteur de la santé. Elle offre aussi des avantages aux assureurs, car elle leur donne l’occasion de revoir la conception de leurs assurances et de proposer des produits qui offrent un soutien plus complet aux clients – renforçant ainsi la culture de gestion personnelle de la santé qui profite à la fois au secteur et à la population.

Si la télémédecine offre des avantages, sa mise en œuvre pose de grands défis au secteur de l’assurance. Certains patients et professionnels de la santé sont encore réticents à l'idée de migrer les services vers des plateformes numériques, soit par méfiance à l'égard de ces plateformes, soit en raison de préférences culturelles propres. Néanmoins, concevoir ou adapter des produits pour répondre à des besoins particuliers peut aider à surmonter certains de ces obstacles. Par exemple, selon une étude réalisée par la société Affinity, 76 % des patients de la région affirment accorder davantage d’importance à la rapidité des soins médicaux qu’au fait d’accéder à des soins en face à face.

Enfin, il est important de souligner que les services de télémédecine ne sont pas la solution à tous les problèmes des populations vulnérables et ne peuvent pas répondre à tous leurs besoins. L’utilisation de plateformes technologiques peut de fait constituer un obstacle à l’accès pour les populations qui ne disposent pas des connaissances ou de la technologie nécessaires pour utiliser ces outils.

Cependant, en dépit des défis de la télémédecine, le secteur de l’assurance n’est pas le seul à s’intéresser à ces services. Les assureurs doivent par conséquent agir vite et efficacement, au risque de perdre cette opportunité.

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Les activités menées par le programme Finance solidaire de l’OIT sur la gestion des risques financiers liés aux risques de santé visent à compléter la position de l’OIT sur la protection sociale en santé et la couverture santé universelle, qui relèvent de la responsabilité du secteur public. Ces projets d’innovation ont pour objectif de tester de nouveaux produits et processus financiers pour étendre la couverture santé à des groupes de population non couverts et/ou fournir des prestations complémentaires. Ces innovations en matière de gestion des risques financiers se basent sur la Recommandation n°189 de l’OIT, qui stipule que les Membres sont libres « de déterminer si des mesures additionnelles relatives à la protection sociale, telles que des régimes volontaires, des initiatives de type coopératif ou autres, sont nécessaires ».