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Les groupes peuvent-ils aider à vendre de l’assurance ?

Emerging Insight n°:

  103
 

Date de parution:

  30 mars 2015
 

Sous-thèmes:

  Agriculture
 

Source:

  Mozambique, GIIF
 
 

Utiliser des approches de distribution au niveau méso pour accroître l’échelle et contrôler les coûts

Les assureurs s’efforcent de contrôler leurs coûts et d’étendre la portée de leurs services d’assurance agricole en développant des polices d’assurance « méso » couvrant un grand nombre d’agriculteurs par le biais d’un agrégateur (entreprise agroalimentaire, institution financière ou fournisseur d’intrants par exemple). Le prix des produits est calculé à l’aide d’un modèle de tarification de portefeuille, ce qui signifie qu’il est déterminé sur la base du groupe tout entier. Ce système élimine les coûts liés à l’évaluation des parcelles individuelles.

Au Mozambique, un projet soutenu par le GIIF et mis en œuvre par le courtier de réassurance Guy Carpenter a ainsi utilisé une approche méso pour couvrir des producteurs de coton par le biais d’un partenariat public-privé. Deux assureurs, Hollard et EMOSE, ont entrepris de couvrir 43 000 producteurs de coton contractuellement liés aux entreprises agro-industrielles Olam et SANAM avec des solutions d'assurance climatique indicielle utilisant des données satellite. Les primes d'assurance ont été préfinancées par l'Institut du coton du Mozambique (IAM) et les entreprises agro-industrielles et recouvrées auprès des agriculteurs à la fin de la saison. L'efficacité du programme a été testée en 2013, lorsque la sécheresse a déclenché le versement de 230 000 USD d’indemnités. Fort de cette expérience, l’IAM prévoit d'étendre la couverture à l’ensemble des 200 000 producteurs de coton du Mozambique. Le GIIF favorise également le développement d’un environnement favorable à l'assurance agricole en soutenant les autorités de réglementation de l’assurance.

Des études récentes démontrent l’efficacité potentielle de la vente et des transactions par l’intermédiaire de groupes constitués. Une étude menée par des économistes de l’université de Californie à Berkeley et de l’université d’Auvergne constate que la vente à des groupes plutôt qu’à des individus peut se traduire par une augmentation de l’adhésion, car les individus ont tendance à sous-évaluer les risques, ce qui n’est pas nécessairement le cas des groupes. Dans une autre étude, des chercheurs de l’université d’Oxford ont découvert que lorsque des groupes d’agriculteurs éthiopiens appartenant à des clubs financiers et sociaux informels recevaient de l’information sur les avantages de l’assurance climatique, l’adhésion augmentait de 2 % à 36 % (voir l’article dans The Economist).

Cependant, si elle permet de réduire les coûts de transaction et d’augmenter la portée des services, l’approche méso comporte aussi une difficulté : s’assurer que les agriculteurs comprennent le produit d’assurance, dans la mesure où ils ne prennent pas la décision d’achat. Dispenser une éducation aux clients et se doter des outils appropriés pour expliquer les produits est essentiel pour améliorer la valeur offerte et accroître la confiance dans le produit.

Pour plus d’informations sur la distribution de l’assurance agricole au niveau méso, voir 

http://www.ifc.org/wps/wcm/connect/industry_ext_content/ifc_external_corporate_site/industries/financial+markets/retail
+finance/insurance/guy+carpenter